Les propositions de la Commission Européenne face aux drames en Méditerranée

Par Lucas Chedeville

Après le naufrage, ce week-end, d’un chalutier au large des côtes libyennes qui aurait causé la mort de près de 700 personnes selon le UNHCR, les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne (UE) se réuniront jeudi pour un sommet exceptionnel. Ils débattront des 10 propositions de la Commission européenne, publiées aujourd’hui, afin de lutter contre le trafic de migrants et tenter de réduire le nombre de candidats à l’immigration.

1 600. C’est le nombre de personnes portées disparus en Méditerranée depuis le 1er janvier 2015, soit en 4 mois la moitié du nombre de morts pour l’année 2014. Et le bilan pourrait s’alourdir avec un nouveau naufrage au large de l’Italie, ce matin, d’un bateau transportant quelque 300 migrants. Ces drames ont déchainé les passions en France. On s’offusque de l’ingérence de l’Europe. Alors, la Commission européenne a répondu. Parmi les 10 propositions qui seront débattus jeudi, le renforcement des moyens pour le contrôle et le sauvetage des migrants arrive au premier plan. L’opération Triton, coordonnée depuis novembre 2014 par Frontex, l’agence de protection des frontières, dispose de beaucoup moins de moyens et de marche de manœuvre que sa prédécesseur, Mare Nostrum, alors entièrement assumée et financée par l’Italie. Quand la zone d’intervention de Mare Nostrum s’étendait jusqu’aux côtes libyennes, celle de Triton ne dépasse pas les eaux territoriales de l’Union européenne. De plus, sa mission se limite à de la surveillance et non au sauvetage d’un éventuel navire en perdition.

Au renforcement des moyens d’action en Méditerranée s’ajoute une meilleure coopération entre les organisations Europol (police européenne), Frontex, Easo (Bureau européen d’appui pour l’asile) et Eurojust (lutte contre la criminalité transfrontalière) afin de réunir davantage d’informations sur le mode opératoire des trafiquants. Une part importante du débat sera centrée sur la question du droit d’asile pour les milliers de personnes qui foulent le sol européen chaque année.

En visite à Washington il y a trois jours, le premier ministre italien Matteo Renzi avait déploré la situation critique à quelques kilomètres à peine de ses côtes : «  C’est une mer, pas un cimetière », avant d’ajouter que le seul moyen de résorber ces drames implique une stabilisation de la Libye, principal lieu de départ des candidats vers l’Europe, en proie à une guerre civile depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s